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quelques réflexions sur la vie morale que suggère Jésus

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Les catholiques, a-t-on souvent dit, sont coincés entre des interdits et des obligations, toujours sous la menace d'une punition, voire de la damnation éternelle.  En réaction, on a dit que pour être un bon chrétien, il suffit d'aimer ...  Mais c'est quoi aimer en temps de guerre? C'est quoi aimer un agresseur? C'est quoi aimer quelqu'un qui fait violence à un autre? Etc.  
Une question fondamentale se pose donc pour les chrétiens: qu'a dit Jésus sur ces sujets?  Quels sont ses conseils?

Nous allons, en espérant  y voir clair, nous servir de quatre points de repère.

1. Premier point de repère: Jésus prêche un idéal inaccessible.

 Oui, Jésus prêche un idéal inaccessible dans la plupart des secteurs de la vie.  Ainsi:  
o    L'argent.  
« Tout ce que tu as, dit-il au riche notable, distribue-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux.  Puis viens et suis-moi » (Lc 18, 22).  Ou encore: « Vous ne pouvez servir Dieu et l'Argent » (Lc 16, 13).
   L'aumône.  
« Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » (Mt 6, 3).
o    La prière.  
Jésus leur dit une parabole sur la nécessité de prier constamment et de ne pas se décourager (Lc 18, 1).  Ou  «Restez éveillés et priez en tout temps » (Lc 21, 36).
o    L'autorité.  
« Si quelqu'un veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur et si quelqu'un veut être le premier parmi vous, qu'il soit l'esclave de tous » (Mc 10, 43 - 44).
o    La fidélité dans le mariage.  
« Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni » (Mc 10, 9).  Ou encore « Et moi, je vous dis: Quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur, commis l'adultère avec elle » (Mt 5, 28).
o    Le pardon.
« Je ne te dis pas de pardonner jusqu'à sept fois mais jusqu'à septante fois sept fois » (Mt 18, 22).
o    L'amour envers le prochain.  
« Le second commandement est aussi important que le premier » (Mt 22, 39).  Ou encore : « Et moi je vous dis de ne pas résister au méchant.  Au contraire si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre.  A qui veut te mener devant le juge pour prendre ta tunique, laisse-lui aussi ton manteau.  Et si quelqu'un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui ».  Et un peu plus loin: « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5, 39 - 44).
 
Jésus appelle à un semblable idéal pour la vérité, la miséricorde, la paix, etc.  Il résume tout en une seule phrase : « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48).  Parfait comme Dieu! C'est clair mais totalement hors de portée. Alors?  
 

2. Deuxième point de repère: L'immense compréhension de Jésus.

 Si l'idéal proposé par Jésus est démesuré, sa compréhension pour l'être humain l'est tout autant. C'est à bras ouverts que Jésus accueille tout le monde, absolument tout le monde et surtout celles et ceux qui vivent bien loin de l'idéal qu'il prêche. A qui a-t-il jamais dit: "Pour toi, je ne puis rien faire?" ou "Corrige-toi d'abord et ensuite on verra?"
Voyons à nouveau quelques actes et paroles de Jésus.                    
o    Lévi est un collecteur d'impôts qui s'est honteusement enrichi sur le dos des gens en collaboration avec l'armée romaine d'occupation. Jésus l'invite à se lever et à devenir disciple et même apôtre (Mc 2, 14).
o    Zachée est un chef de collecteurs d'impôts! Pire que Lévi donc. Jésus s'invite chez lui et dit en entrant dans sa maison: « Aujourd'hui, le salut est entré dans cette maison, car lui aussi est un fils d'Abraham » (Lc 19, 9).
o    Une femme de "petite vertu", de Samarie. Jésus lui demande un service et a un long entretien plein de chaleur humaine avec elle (Jn 4, 1 - 42).
o    Une prostituée notoire. Jésus la laisse lui baiser ses pieds de larmes de reconnaissance (Lc 7, 48).
o    Jésus est patient avec ses apôtres qui n'aspirent qu'au pouvoir et aux honneurs.  
o    Enfin et surtout Jésus se fait constamment proche de personnes malades, handicapées, lépreuses, étrangères ...  qui, selon l'esprit du temps, sont "impures", "maudites".  On peut même dire que Jésus s'immerge dans ce peuple-là alors que, dans le même temps, il se montre distant de ceux qui s'efforcent d'accomplir les lois à la lettre ...
Au fond, ce qui caractérise l'attitude de Jésus, sa morale, c'est que la distance entre l'idéal proposé et sa médiocre mise en pratique par l'être humain n'est pas à ses yeux un lieu de châtiment mais, bien au contraire, un lieu de pardon, de grâce, de relation intime avec le Père…

3. Troisième point de repère: Jésus invite personnellement.

Souvent, à la fin d'une rencontre, Jésus prononce un tout petit mot chargé de sens: « Va ».  Comme s'il disait: maintenant que tu as rencontré la tendresse du Père, que tu y as cru et que tu en es transformé, eh bien, mets-toi en route!  
Parfois il ajoute une précision. Ainsi: « Va dans ta maison ( = chez les tiens ) et rapporte-leur ce que le Seigneur a fait pour toi » (Mc 5, 19). Ou encore: « Va en paix! » C'est-à-dire: mets-toi en route puisque tu es réconcilié avec toi-même, avec les autres, avec Dieu et que tu vis donc maintenant dans une harmonie profonde.  
A la femme surprise en flagrant délit d'adultère, il dit: « Je ne te condamne pas.  Va et désormais ne pèche plus » (Jn 8, 11).
Jésus n'exige donc absolument pas que chacun atteigne l'idéal qu'il enseigne mais il propose à chacun d'oser se mettre en route vers cet idéal, à partir du niveau de vie morale où il se trouve.  Peu importe donc le passé, peu importe le fossé dans lequel il serait tombé. Jésus invite plutôt chacun à faire le pas, modeste, humble, qu'il peut faire à ce moment. Ce pas sera donc nécessairement différent de l'un à l'autre mais chacun est invité à avancer. Comme il peut.  Jésus ne me demande donc pas de me lamenter sur mon passé ni d'imiter un héros ou un saint.  Il me demande de m'interroger sur le pas que, aujourd'hui, je puis faire pour davantage aimer, pardonner, prier, être fidèle, être juste, être humain ...   
Et si je retombe? La même question m'est posée: « quel pas en avant te sens-tu prêt à faire aujourd'hui ? »
De plus, il faut se dire que nous ne sommes pas seuls à être invités à faire des pas. Nous avons des sœurs et des frères, une communauté, un mouvement, et il y a l'Esprit Saint. Et aussi la conviction que celui qui m'appelle à cet effort le fait parce qu'il m'aime et parce qu'il veut mon bonheur.
 

4. Quatrième point de repère: pourquoi ces appels de Jésus?

Si Jésus insiste tellement pour que chaque disciple se mette en route vers l'idéal de vie qu'il propose c'est, je crois, parce qu'il le trouve essentiel pour la vie du monde.  C'est une question de vie ou de mort pour les êtres humains, et surtout pour les plus faibles d'entre eux, qu'il y ait des femmes et des hommes nombreux qui acceptent de partager leurs biens, d'aimer au-delà du raisonnable - jusqu'au pardon -, de rendre le service de l'autorité sans en tirer d'avantages, de courir le risque de semer la paix, la justice, la vérité, de rester fidèles à leurs engagements, etc. ... et de sans cesse s'inspirer de Dieu dans la prière.
L'effort moral que Jésus propose à ses disciples n'est donc pas du luxe ni une exigence pour l'exigence et encore moins le bon moyen de "mériter le paradis".  On ne mérite pas le paradis, on le reçoit! Cet effort est une invitation à lutter de toutes les forces dont nous sommes capables pour que notre monde puisse VIVRE, vivre mieux ou tout simplement survivre. La morale de l'évangile vise la VIE, la vie maintenant et demain dans notre monde tel qu'il est. Elle correspond à l'image que la  Bible nous suggère de Dieu: un Dieu libérateur, qui veut libérer l'être humain de toute domination et qui nous invite à entrer dans ce dynamisme libérateur.
 

Conclusion.

Jésus, comme bien des prophètes du premier testament, nous invite à croire que Dieu nous aime, nous fait confiance, espère en nous, tels que nous sommes.  Avec une immense patience et une immense compréhension, il nous presse de nous mettre en route, à titre personnel et ensemble, vers plus de justice, plus de solidarité, plus d'amour, plus de respect mutuel, bref plus d’humanité.  Dieu ne nous menace en rien mais, selon Jésus et les prophètes, il a pris le parti de compter sur les êtres humains, pour amener ce monde à être viable pour toutes et pour tous.  
Selon la Bible, le monde vient du "tohu-bohu", du chaos originel et, toujours selon la Bible, l'acte créateur de Dieu est d'y mettre peu à peu de l'ordre. Ensuite par les "Dix Paroles" adressées à Moïse et au peuple, il a proposé de continuer cette mise en ordre, particulièrement en respectant les plus faibles, en s'abstenant de meurtres, abus sexuels, vols ou rapts, mensonges, convoitises.  Tout cela se résume dans une consigne qui reprend toutes les paroles et tous les actes de Jésus : le respect absolu de l'être humain, quel qu'il soit, en commençant par les derniers de toute société et de toute Église.
Mis à jour ( Mercredi, 08 Juillet 2009 13:56 )